Art et artistes contemporain culture Bretagne France

L’écologie dans l’art contemporain : « Fukushima Daiichi » (c) Cédric Bescond 2015 – 65×45 – Encre #art #Bretagne #Brest –

FUKUSHIMA DAIICHI ( voir la photo de l’oeuvre )
65×45 – Encre sur papier sérigraphie

L’artiste brestois Cédric Bescond explique son travail au sujet de sa dernière réalisation « Fukushima Daiichi » qui part son sujet s’inscrit dans une démarche contemporaine de l’artiste face à l’écologie.

PRESENTATION DE L’OEUVRE « FUKUSHIMA DAIICHI »

 » L’eau est symbole de vie, nécessaire à celle-ci, consubstantielle en quelque sorte. C’est le sang de la terre que nous buvons tous, l’alliance des êtres vivants autour d’une même coupe. C’est eau nous constitue à plus de 90%, nous venons d’elle, de la mer, cette matrice féconde et nourricière. C’est cette même mer qui conditionne notre avenir, elle qui maintient plus qu’aucun autre élément le cycle du carbone et de l’oxygène, elle qui nous a donné nos plus grandes aventures, elle qui nous fait rêver avec son horizon, elle qui nous approche du grandiose, qui nous effraie de ses tempêtes à ses abysses, elle qui sait donner et reprendre, éroder le solide, éroder nos convictions, balayer nos vies, être un tsunami dans nos existences. Mais sans elle, sans le cycle de l’eau, sans sa puretés nous ne sommes plus rien.

Et il y eu cette vague, ce tsunami…Fukushima Daiichi, l’arrogance de l’homme sur les éléments, et si ce n’est l’arrogance, la bêtise, la cupidité, l’oubli ou l’amnésie humaine d’une nature refoulée, mettant le feu nucléaire au rivage des possibles comme l’huile sur le feu :

C’est ainsi que continue à se diffuser, dans un silence ravageur, l’invisible main aux invisibles griffes lacérant le vivant.En son cœur de matière, c’est un poison qui déchire, écartèle, sans distinction, toutes races, toutes espèces. C’est le feu invisible qui nous ronge, c’est un feu invisible qui nous détruit de l’intérieur, noirci notre sang, notre eau, notre mer.

Fukushima Daiichi est un symbole, nous l’avons beaucoup vu côté terre, mais très peu côté mer. C’est pourquoi j’ai voulu exprimer avec conscience cette gravité, gravité de ces tonnes d’eau contaminés qui continuent à se déverser vers le large, gravité d’un courant mortel, insidieux touchant au vivant, gravité de son impact sur la matière de la vie.

Fukushima Daiichi c’est l’expression de cet invisible, de ce rayonnement d’ondes et particules que rien n’arrête, qui est partout « comme un poisson dans l’eau » , à l’ère du poison à nos chairs : symbole ! Symbole de ces trois poissons, au premier plan, décharnés, atteins différemment, mais atteins tout de même, toujours vivant comme ombres à eux mêmes nageant dans ce courant, sans conscience qu’ils sont déjà mort…

Fukushima Daiichi est une œuvre que j’ai voulue engagée, directe dans son expression, qui plonge l’observateur, entraîné par le courant mortel, dans l’océan comme poisson lui même entre les poissons. Je l’ai également voulue lisible, plus illustrative pour toucher la diversité des regards, sans poésie que l’expression de métaphores ondulatoires et l’utilisation d’un style japonisant reconnaissable dans l’idée de la représentation de la mer par Katsushika Hokusai, marquant le positionnement géographique de la scène.

Enfin, l’ensemble, dans ses différents élément graphiques, tend à la suggestion de phénomènes électriques, d’irradiance d’ondes et de particules, de la structurations des nuages à celles de l’écumes et des vagues, de l’horizon qui se déchire à la représentation idéographique d’un ciel de foudres. »

Cédric Bescond